Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Burn after Reading

de Joel et Ethan Coen - Etats-Unis - 2008

Critique publiée par lauremal - le 15/12/2014
1ere L, Napoléon,
L'Aigle

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Burn After Reading, une critique de l’American Way of Life

Lorsque Burn After Reading nous plonge dans la vie quotidienne et mouvementée de cinq américains, nous découvrons avec surprise l’histoire invraisemblable de ces personnages. C’est lorsqu’Osbourne Cox, analyste qui fait partie de la CIA, est renvoyé de celle-ci que tout bascule. Il ne prend pas bien la nouvelle. Lorsqu’il rentre chez lui, il commence alors à consommer de l’alcool – en quantité importante – pour y noyer son malheur. Une idée lui vient alors : Ecrire ses mémoires. Sa femme, Katie, se moque de cette idée. Elle ne semble pas se sentir très concernée par l’état psychologique de son mari. Et pour cause, elle cache en réalité une liaison avec un certain Harry Pfarrer, lui-même marié à une autre femme qu’il trompe avec plusieurs maîtresses. Parallèlement, nous découvrons la vie d’autres personnages : celle de Linda Litzke, une employée d’un club de sport qui est littéralement obsédée par son projet d’opération de chirurgie esthétique, elle veut transformer en quasi totalité son corps et devenir une autre personne dans le but de trouver l’amour. Ainsi que celle de son collègue, Chad Feldheimer, qui est une véritable caricature d’un sportif un brin idiot. Lorsque ces deux acolytes trouvent un CD qui contient des notes pour les mémoires de Cox, ceux-ci imaginent qu’il s’agit d’informations ultra confidentielles. Entre la CIA et l’ambassade russe, ils tenteront le tout pour le tout en tentant de faire chanter ces grandes organisations pour récupérer de l’argent, qui servira ensuite à financer la chirurgie esthétique de Linda. Mais toute cette histoire leur échappera et prendra une ampleur bien plus importante qu’ils ne l’auraient tout deux désirés…

Entres rencontres, chantages et tromperies, Burn After Reading est un concentré de situations plus ridicules les unes que les autres. Le tout, dans un scénario invraisemblable qui fait tout l’humour du film. En effet, si le scénario manque certes de crédibilité, c’est en réalité ce qui fait tout le charme de cette histoire quelque peu tordue. Nous pourrions néanmoins facilement nous perdre dans tout cela, et laisser le sens premier du film nous échapper. Le scénario ne manquera donc pas d’en faire rire certains mais il pourra également en ennuyer d’autres.

Les portraits caricaturaux des personnages, imaginé par les frères Coen, permettent de dresser une critique pure et simple des habitudes de vies des américains, du fameux American Way of Life. Et dans Burn After Reading, personne n’est épargné, tout le monde en prend pour son grade : la CIA, leurs dirigeants, les conseillers conjugaux, les avocats, les chirurgiens, les alcooliques, les sportifs, les sites de rencontres, les films d’espionnages…et la liste est encore longue.

Le trait de caractère principal de tous les personnages est cette stupidité extrême dont ils font preuve autant dans leurs personnalités que dans leurs agissements. Ainsi, sur l’affiche du film trône la formule : « L’intelligence est relative ». Elle fait référence à l’idiotie et à la bêtise dont font preuve les personnages tout au long du film.
Nous pouvons souligner que la présence de tels acteurs dans le casting est un très bon point pour le film. En effet, si l’humour est un question de goût et que le scénario peut déplaire à certains, il est indéniable que les différents rôles, qu’ils soient joués par Malkovich, Pitt, Clooney, Swinton ou Mc Dormand, sont à chaque fois bien interprétés par ces acteurs de renommée.

Enfin, Burn After Reading dresse une critique parfaite de l’American Way of Life, le tout dans un scénario invraisemblable et teinté d’un concentré d’ironie, d’humour noir et cruel, la spécialité des frères Coen, qui plaira à certains et déplaira à d’autres.