Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Sentiers de la gloire

Stanley Kubrick - Etats-Unis - 1957

Critique publiée par Rom1 - le 19/01/2018
Seconde 510, Lycée Le Verrier,
Saint-Lô

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“Les Sentiers de la Gloire”, la désormais très...

“Les Sentiers de la Gloire”, la désormais très célèbre production de Stanley Kubrick est considérée comme une référence et un chef d’oeuvres par toutes les critiques. Cependant il n’était pas considéré comme tel à l’époque : sortie en 1957 dans le monde il est censuré et ne sortira en France qu’en 1975. La seul cause de cette censure est la mauvaise image donnée des gradés et de l’armée française pendant la guerre 14-18. A sa sortie la France est en pleine guerre d’Algérie ce qui déplait encore plus au gouvernement français qui interdit sa sortie dans les salles. En effet Kubrick ne cherche pas seulement à dénoncer la Première Guerre Mondiale mais toutes les guerres en générale. On retrouve d’ailleurs son opinion dans d’autres de ses longs métrages comme “Full Metal Jacket” où il s’est même “radicalisé” contre la guerre.

Dans les Sentiers de la Gloire, Kubrick veut montrer l’absurdité de l’armée et des ordres donnés par les généraux. On retrouve donc cela pendant la scène du procès qui est très importante et révèle de nombreuses choses. Pour résumer cette scène 3 soldats choisi aux hasard sont jugés pour leurs “lâcheté” suite à une attaque impossible de la Fourmilière (position imprenable tenu par les allemands) qui leurs a été demander par les généraux.
Ce procès devient vite absurde et inutile car on juge des hommes innocent qui ont juste refusé de mourir et qui sont simplement lucide sur le résultat de l’attaque contrairement aux hauts gradés. Cela tourne ensuite au ridicule et n’est même plus officiel lorsque l’on décide de ne pas lire l’acte d’accusation et qu’on empêche le colonel Dax de défendre les accusés, l’issue du jugement est connue d’avance par le spectateur, comme tous le film d’ailleurs.
L’absence de paysages et la lumière blanche irréaliste dans la fenêtre derrière le général Mireau illustre bien ce jugement “bidon”. On peut aussi noter que la lumière est toujours derrière les généraux pour les mettre en valeur.

Pendant toute la séance on peut facilement se dire que les gradés ne vivent pas dans le même monde que les soldats : il y a un fort contraste entre les généraux qui vivent tranquillement dans un luxueux château, organisent des bals et la vie difficile dans les tranchées boueuses pour les soldats.
La musique marque la différence entre ces deux mondes. En effet lorsque les généraux sont à l’écran ils sont accompagné de musique de bals, joyeuse. L’accompagnement musical est complètement différent avec une musique uniquement de percussion pour les plans sur les tranchées et les soldats. Ces percussion rappellent les tirs d’obus et les explosions régulières.
La façon de tourner accentue encore ce contraste : plan large pour les scène du château et plan resserrés en travelling dans les tranchées qui font d’ailleurs très clairement penser au couloir de la mort.
Les soldats ne peuvent pas être identifié, ils sont déshumanisé, ils se ressemblent tous, ils sont similaires alors qu’on identifie facilement Broulard et Mirreau.
Seul le colonel Dax joué par Kirk Douglas est présent dans ces deux mondes, en tant qu’ ancien avocat il parle aussi bien avec ses soldats qu’avec le général Mireau. Dax cherche tant bien que mal à être juste le plus souvent possible mais malgré lui il n’y arrive pas vraiment car il est influencé par les généraux. Il reste tout de même le personnage le plus censé de l’histoire.

Pour finir le réalisateur utilise une symétrie pendant tout la durée du film. Il commence par la Marseillaise jouée par des soldats français et se termine par un chant allemand interprété par une allemande et repris par toute la garnison française. On observe également la figure géométrique du cercle très souvent (fontaine, divan, carrelage pendant le procès, mouvement de caméra circulaire...).

Cet oeuvre de Stanley Kubrick en est bien une. Tout est minutieusement préparé voulu et utile (détails, musique, décors, plans, lumière, façon de tourner). La réalisation est excellente, tout est parfait, intéressant, nous apporte quelque chose pour comprendre l’histoire. C’est un 20 sur 20 pour cette réalisation de Stanley Kubrick.