Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Soyez sympa, rembobinez

Michel Gondry - Etats-Unis - 2008

Critique publiée par aetuoud05 - le 16/12/2013
Seconde 501 , Lycée Le Verrier,
Saint-Lô

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Soyez sympas, rembobinez

« Because he was a happy man ». Voilà comment Monsieur Fletcher justifie plus de vingt ans de mensonge à son fils adoptif Mike. Celui-ci vient de découvrir que son idole, Fats Waller, qui l’a bercé toute sa jeunesse, n’a jamais vécu chez lui.
Chez Mike, c’est un immeuble menacé de destruction dans la ville de Passaic située à la périphérie de New-York. Là, son père adoptif, Monsieur Fletcher, incarné par Danny Glover, tient un petit vidéo club de VHS. Un jour celui-ci doit s’absenter et laisser sa boutique pour quelques jours à Mike. Malgré les recommandations de son père, celui-ci laisse rentrer dans la boutique son meilleur ami, Jerry. Ce personnage catastrophique joué par Jack Black va démagnétiser toutes les cassettes du magasin. Cet événement va pousser Mike et Jerry à tourner des versions « suédées » de leurs films avec leur acolyte Alma (Mélonie Diaz) pour pouvoir sauver leur immeuble et leur boutique.
Cette comédie dramatique d’apparence légère et drôle nous fait ainsi remonter aux années 80 grâce aux VHS, puis aux années 50 avec une esthétique et des effets spéciaux relevant du cartoon et un humour burlesque, et enfin jusqu’aux années 30 avec Fats Waller et l’univers du jazz. Celui-ci est d’ailleurs omniprésent dans le film. Que ce soit dans le jeu des acteurs grâce à l’improvisation ou dans la vénération qu’a Mike pour Fats.
Ce long métrage à budget confortable mène aussi un combat contre les grandes compagnies qui détruisent les films artisanaux et veulent absolument des produits normalisés. Il défend ce qui est fait entre amis, avec les moyens dont on dispose, un peu vite, brouillon, mais tout aussi bon, voire meilleur. Suédé en fait.
Et c’est par le "sueding" que Michel Gondry, réalisateur nous montre encore une fois son éclectisme et son talent.