Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Burn after Reading

de Joel et Ethan Coen - Etats-Unis - 2008

Critique publiée par hy_lea - le 14/01/2015
Classe 506 , Lycée Le Verrier,
Saint-Lô

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Burn after reading

La comédie « Burn after reading » réalisée en 2008 par Joël et Etan Coen (aussi appelés les frères Coen) aux Etats-Unis a pour comédiens principaux Georges Clooney, Frances McDormand, Bard Pitt, John Malkovich et Tilda Swinton. Elle dure 1h36.
Osbourne Cox (John Malkovich), analyste à la CIA en Virginie est renvoyé et lorsqu’il rentre chez lui, il décide d’écrire ses mémoires. Sa femme, Katie Cox (Tilda Swinton) le délaisse pour entretenir une liaison avec Harry Pfarre (Georges Clooney), de plus, le CD contenant l’ébauche de son travail tombe entre les mains de Linda Litze (Frances McDormand) et Chad Feldheimer (Brad Pitt). Ces deux modestes employés d’un club de fitness voient la possibilité d’en tirer une certaine somme et décident d’appeler Osbourne pour lui faire du chantage. Ce long-métrage qui mêle espionnage et problèmes conjugaux démasque les faux-semblants de l’Amérique d’aujourd’hui.
Si cette comédie rend hommage à « Mission impossible » par son titre « Burn after reading » qui nous fait penser à un message secret qui va s’auto-détruire ainsi qu’à « Blue velvet » avec la scène de l’armoire c’est surtout une parodie du film d’espionnage. En effet si les infos sonores nous font penser à un film les infos visuelles sont tout autres. Par exemple lorsqu’on entend le bruit d’une arme qu’on charge alors qu’en réalité Cox prend juste des glaçons. Mais aussi quand il promène son père et qu’on entend une musique angoissante. Le film induit le spectateur en erreur.
Le cadrage, le zoom et le son nous donne une impression d’espionnage, on le voit lorsque dans le générique on part d’un satellite et que l’on zoome sur un bâtiment et que le texte apparaît sur une musique angoissante typique des films d’espionnage.
Le vocabulaire employé est lui aussi typique des films d’espionnage tout comme les phrases, par exemple lorsque Chad dit à Linda « Ta ligne n’est pas sûre ». La remise du CD est lui aussi typique de ce genre de films.
On voit que l’œuvre applique les codes de l’espionnage dans la vie de tous les jours et donc les frères Coen espionnent les problèmes de la société américaine.
Cette comédie est aussi caricaturale, car à travers les différents acteurs, on voit tous les traits de la société. Osbourne est le looser qui est colérique et trompé par sa femme. Harry est le séducteur, Chad le prof de fitness pas très intelligent qui veut défier les services sociaux ainsi que Linda la femme prête à tout pour trouver un homme et insatisfaite de son corps. On voit que tous les personnages masculins exagèrent leur rôle d’idiots. L’autre côté comique, c’est lorsque les personnages féminins sont mis à nu comme lorsqu’on voit Katie qui est filmée de manière très naturelle. Les personnages interprètent des rôles peu glamour, la signature de ces réalisateurs, l’humour noir met en scène le mode de vie de l’américain moyen qu’ils ne veulent pas mettre en valeur. Mais aussi lorsque même les plus grands responsable de la C.I.A ne comprend pas ce qui se passe alors qu’ils se font balader par des personnages qui se comportent comme des enfants. Lors du générique où voit aussi que l’on fait un zoom qui part d’un satellite pour arrivée sur un bâtiment qui s’affère être une maquette. Cela met l’accent sur le fait que le monde d’aujourd’hui est artificiel.
On voit dans cette comédie que tout est baser sur un deuxième sens. Déjà, il y a deux univers qui s’opposent, celui des années 60 et 2000. Mais aussi dans le nom complet : Osbourne Cox ; la première partie du prénom, Oss, nous renvoie aux années 60 quant à la deuxième, Bourne, aux années 2000. Quant à son nom, Cox, nous renvoie à un sexe en érection. Dans ce nom de personnages, qu’on peut comparer à un message codé on nous dévoile les principaux thèmes de l’histoire. Les discours portent eux aussi sur un double sens.
Le décor qui reconstitue les intérieurs du quartier général de la C.I.A, fait référence à Hitchcock et son film « La Mort aux trousses ». Grace aux tableaux présents dans le bureau du supérieur d’Osbourne comme celui des attentats des tours jumelles ou l’intervention de la C.I.A en Irak les frères Coen nous montrent le désastre dont est responsable la C.I.A. Les costumes que portent les personnages sont aux couleurs de l’Amérique. Lorsque l’avocat prend lui aussi les couleurs de l’Amérique et qu’il est au final le seul à encore les porter cela montre que c’est lui qui a pris le pouvoir. L’horloge présente chez les Cox désigne un retour vers le passé d’Osbourne ; il est nostalgique.
Un des défauts du film est la fin qui est trop brutale. De plus, ce n’est pas un de leurs meilleurs films, en même passé après leur célèbre film "No country for old men" n’est pas une chose facile. On peut dire aussi qu’ils sont rester simple et basique sur les effets spéciaux.