Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Burn after Reading

de Joel et Ethan Coen - Etats-Unis - 2008

Critique publiée par Raptordu50 - le 14/01/2015
Classe 505 , Lycée Le Verrier,
Saint-Lô

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Burn After Reading

À la fois comique, sur l’espionnage et la sexualité, Burn after reading met en scène un ex-analyste mis au placard par la direction de la C.I.A dont le nom est Osbourne Cox. Il décide alors d’écrire ses mémoires, sur son ordinateur, mais sa femme les copie sur sur CD, qui contient l’ébauche de son travail et tombe dans les mains de Chad Feldheiner, beau mais naïf et Linda Litzke qui veut ressembler aux stars d’Hollywood. Tous les deux travaillent dans un club de fitness. Ils décident alors de rendre le CD en échange d’une récompense, mais Osbourne Cox refuse et le fait bien savoir... La femme de ce dernier, Katie Cox, entretient une relation avec Harry Pfarrer, un ex-policier paranoïaque et séducteur, habitué des sites de rencontres.
Le long-métrage de Joel et Ethan Coen, d’une heure et trente-six minutes, de format 1:85, reprend toujours le thème de l’humour noir comme en témoignent No country for old men (2007) et A serious man (2009) .
Les frères Coen ont une signature reconnaissable entres toutes, ils décrivent férocement la population de la classe moyenne des États-Unis, et sont suffisamment célèbres pour s’offrir les services des plus grands acteurs.
On observe une dégradation vestimentaire, chez Osbourne Cox, en effet au début, il est bien habillé, vêtu d’un costume avec nœud papillon, mais à la fin, il finit en caleçon et en robe de chambre. Cela prouve que sans son travail, il n’est plus lui-même. Sa capacité à changer de ton et de langage lors de discussions est un peu troublante au début, mais on s’y habitue vite.

On voit rarement d’enfants, le seul enfant (dans sa tête surtout) est Chad Feldheiner, car il est actif, ne sait pas se tenir tranquille, et paraît être sous l’autorité de sa collègue (Linda Litzke), comme une mère avec son enfant, comme lors de la scène de négociation du CD au téléphone plutôt calme au début et beaucoup moins à la fin, c’est elle qui prend la parole à la fin et raccroche, elle a le dernier mot.
Harry Pfarrer de son côté est une sorte de marionnette, un pantin attiré comme un aimant par les femmes, emportant toujours avec lui son petit accessoire mauve. Il fait du sport, repousse toujours ses limites
(8 km), et fabrique une machine très spéciale dans son garage.
Linda Litzke, dépressive en raison de sa morphologie, pleure toujours après un coup de fil
Elle fait la rencontre de Harry Pfarrer grâce a un site de rencontres, ce qui va lui redonner goût a la vie ainsi que le sourire.
Katie Cox est le personnage qui apparaît le moins, elle est la mauvaise personne en quelques sortes, toujours avec un méchant regard, elle s’apprête à quitter son mari pour en tirer profit.
Elle exerce le métier de dentiste et fait peur aux enfants au point de leur paralyser la bouche, rien qu’en les regardant dans les yeux, comme si elle les hypnotisait du regard .

La musique est inspirée de scènes d’espionnage, avec un air comique qui semble annoncer quelque chose de terrible, alors qu’il ne se passe rien du tout, par exemple au moment où Katie Cox rentre à son domicile et voit que la maison est vide et sombre, son mari n’est pas là et elle constate qu’il est parti boire un verre chez des amis.
Il y a peu d’objets modernes par rapport à l’époque où ça se passe, on peut constater que les informations sont gravées sur un CD avec un gros ordinateur, (au lieu d’un PC avec une clé USB), les voitures ne sont pas récentes aussi.
Ce qui nous démontre que la société est figée, elle s’accroche au passé, ne veut pas avancer
Des symboles sont montrés, au moment où Katie Cox demande à son avocat comment procéder, on peut voir un cheval sur ses deux pattes arrière, prêt à s’élancer.
On peut voir l’obélisque que l’on voit souvent, à l’arrière-plan, pour annoncer l’acte sexuel, comme au moment où Linda Litzke cherche Harry dans le parc.
Cet œuvre a un scénario imprévisible, avec beaucoup de rebondissements qui laissent parfois le spectateur bouche-bée, de bons personnages à la fois stupides et drôles, ce qui est plaisant.
On a hâte de faire la découverte de la machine de Harry,
Le seul petit inconvénient est la maquette qui représente la base de la C. I.A, au début, on a une belle vue de la Terre, et au fur et à mesure que la caméra s’approche, on distingue la base qui casse l’effet réel donné par la caméra, cela montre que tout est faux dans le film.
Très bon dans l’ensemble, à regarder et à déguster.