Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Lisa

de Lorenzo Recio - France - 2007

Critique publiée par Score16 - le 29/01/2015
Terminale ES 1, La Morandière ,
Granville

Note de la classe (0 vote)


Nombre de visites : 23

Un film qui déçoit par sa fin

’’Lisa’’ est un court-métrage de dix-neuf minutes réalisé par Lorenzo Recio, en noir et blanc. Il présente une famille nombreuse composée d’un père rigide, froid, autoritaire et tyrannique, d’une mère silencieuse, qui parle très peu et n’exprime aucun sentiment pour visiblement éviter toutes représailles du père, elle reste simplement comme figée. Aux parents nous ajoutons trois enfants, deux frères, et la sœur, Lisa, personnage principal puisque durant le film nous la suivons partout, en dedans et en dehors de la maison isolée dans laquelle toute la famille vit. C’est un film qui nous montre la vie de cette famille à l’ancienne, dominée par le patriarche et nous suivons surtout celle de Lisa qui s’enfuit dans son monde à elle pour échapper à cette dure réalité.

Notons d’abord l’utilisation du noir et blanc, Recio accentue bien la noirceur du père avec des plans très sombre sur lui, et au contraire, des plans clairs et ouverts sur Lisa. Cela nous permet de ressentir différentes émotions selon les personnages qui apparaissent à l’image, la peur et l’angoisse de cette obscurité à la vue du père, et c’est le soulagement quand l’on passe sur un autre plan montrant Lisa, avec une clarté et une innocence qui rassure. Le son, lui, suit normalement l’image, mais nous pouvons remarquer certains plans trop longuets, ce qui m’ennuie un peu et me fait décrocher.

Ce film est rempli de symboles. Les divers objets, symbole des émotions et des souvenirs de Lisa qu’elle va enfouir ici ou là dans des cachettes, et qui font référence aux contes avec notamment une image représentant une gravure de Gustave Doré de l’ogre égorgeant ses propres filles dans le Petit Poucet. Cela rend le film riche et intéressant et ou l’on peut s’amuser à chercher les références à certains contes connus. Bon point.
Dans la lignée symbolique on peut sourire de ce qu’est pour moi un gros raté dans la représentation des pensées, je m’explique. Il y a cette scène ou l’on voit le père tomber et s’ouvrir le crane, en laissant entrevoir des lettres, et Lisa sort de ce crâne toute sorte d’objets, symboles des souvenirs du père. Je pense qu’il y avait d’autres manières de symboliser les pensées plutôt que de montrer ces images peut ragoutantes d’autant plus qu’à la fin on voit Lisa recoudre le crâne de son père. Cela est sûrement voulu de la part de Lorenzo Recio mais il ne me semble pas utile de montrer le gore dans ce film.

Enfin, la fin de ce film est une fin ouverte. Le dernier plan est celui ou l’on voit le père sur une barque, dérivant au large. Je trouve cela un peu décevant, Recio, nous ayant pourtant habitué aux caractéristiques du conte tout le long du film, on aurait pu s’attendre à un changement de comportement du père après son lavage de cerveau et avoir une fin heureuse avec un père bienveillant, souriant et aimable, et tout est bien qui finit bien. Il n’en est rien, la première chose que je me suis dit à la fin ne fut qu’un ’’Et c’est tout ?’’ qui témoigne de mon insensibilité aux fins ouvertes.

En conclusion, je conseille de voir ce film surtout aux férus de fins ouvertes, ceux qui aiment imaginer leur propre fin après la fin. Quant aux autres, je conseille quand même d’aller voir ce film, malgré des plans assez longs et un risque de décrochage, c’est tout de même dommage de décrocher d’un film qui dure vingt minutes à peine. Ce film mérite d’être vu pour l’opposition clarté/obscurité, le bon jeu des acteurs et une incitation à la rêverie véhiculée par Lisa.