Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Yeux sans visage

de Georges Franju - France - 1960

Critique publiée par clemsllrd - le 30/01/2015
Terminale ES 1, La Morandière ,
Granville

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Un film culte mélangeant l’horreur, le drame et le fantastique. 

Les yeux sans visage est le second long-métrage en noir et blanc de 1h28 réalisé par Georges Franju en 1960. L’action du film débute dans une voiture où une femme, Louise jouée par Alida Valli, transporte un cadavre vers la Seine et le jette dans le fleuve. Des policiers retrouvent le corps mais n’arrivent pas à l’identifier car le visage est défiguré, seuls les yeux sont épargnés. Ils appellent le docteur Génessier, qui a auparavant signalé la disparition de sa fille Christiane, pour identifier le corps de la jeune femme retrouvée. Le docteur déclare qu’il s’agit de sa fille sans aucun doute mais il ment. En effet sa fille réside chez son père qui la cache car suite à un accident dont il est responsable, Christiane s’est retrouvée avec le visage mutilé. Suite à ce drame, le célèbre chirurgien spécialisé dans les transplantations va avec l’aide de sa secrétaire Louise, attirer des jeunes femmes dans son laboratoire pour prélever la peau de leur visage afin de les transplanter sur le visage détruit de sa fille.

Les yeux sans visage est un film étrange et unique qui est difficile de classer dans un genre particulier. En effet ce film a des aspects qui s’inscrivent dans plusieurs genres cinématographiques. Les yeux sans visage est un film d’épouvante-horreur car Franju utilise des ombres menaçantes et filme des scènes inquiétantes comme celle réalisée dans le laboratoire du docteur, où il découpe le visage d’une femme. Ce film est aussi un drame car on assiste à plusieurs morts parfois sanglantes. Le film s’apprête également au genre fantastique, le personnage de Christiane jouée par Edith Scob semble irréel et sorti tout droit d’un conte. Le manoir familial où se déroule l’horreur ressemble aux demeures des contes, le manoir est entouré d’une forêt, il fait penser au manoir de l’ogre dans le conte du Petit Poucet où l’ogre dévore ses propres filles.

Christiane est une jeune femme que l’on voit très tardivement avec son masque . Au début seule sa façon de parler et sa robe de chambre blanche nous montrentqui elle est, une femme timide, sensible et prisonnière de son apparence faciale. Au fur et à mesure de l’histoire on retrouve une Christiane plus rebelle qui n’accepte pas et qui est horrifiée par les meurtres perpétrés par son père. Son personnage est très intéressant par son évolution et par sa poésie.
Louise est toujours vêtue d’un long manteau et d’un large collier, la gentillesse semble se dégager de son visage. Le visage du docteur est quand à lui très fermé, l’expression de son visage est neutre. Mais leur visage ne dit pas toujours la vérité, la vérité passe par les yeux des personnages qui eux ne mentent jamais. Ceux de Christiane expriment la lassitude, la tristesse puis l’effroi. Son père a un regard de dément, et on peut voir la jouissance dans les yeux de Louise lorsqu’elle cherche de nouvelles proies, elle prend plaisir à faire ce qu’elle fait.

Dès le début de l’histoire on est transporté dans un récit lugubre, sordide lorsque la secrétaire du docteur jette un cadavre dans la Seine. Les personnages sont étranges et captivants.
Deux scènes m’ont marquée, elles se déroulent dans le laboratoire du docteur, la première lorsque l’on découvre le visage dévasté de Christiane dans les yeux d’une des victimes du docteur Génessier, dès le début de l’histoire on se demande si son visage nous sera montré. Le choix de Franju pour nous montrer cette scène importante est vraiment judicieuse, il a choisi de montrer un visage flou mais dont on distingue les traits. La seconde scène se déroule à la fin du film. Cette scène est dramatique mais émouvante, Christiane libère une nouvelle victime et parvient à s’échapper... La fin de l’histoire est fermée, Christiane parvient à se libérer de son père, de sa maison qui est comme une prison. La dernière image du film montre la liberté de Christiane.

Les yeux sans visage est un film culte français que je vous conseille fortement si vous aimez les films étranges, si ce n’est pas le cas je ne pense pas que ce film vous emballera. Je pense que ce film vaut la peine d’être vu, au moins pour pouvoir en parler et agrandir votre culture cinématographique car ce film fait partie du patrimoine français grâce au succès qu’il a reçu. Ce film m’a fait réfléchir et en sortant de la séance j’étais confuse sur ce que j’en avais pensé.