Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Lisa

de Lorenzo Recio - France - 2007

Critique publiée par Laurane.joly - le 27/01/2015
Terminale ES 1, La Morandière ,
Granville

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Lisa

Lisa est un court métrage en noir et blanc, qui dure 19 minutes. Il a été tourné en seulement 9 jours et crée en 2008 par Lorenzo Recio. Lorenzo pour son court métrage s’est aidé de l’expérience acquise avec " Le principe du Lézard " créé en 1999.

Ce film mêle plusieurs thèmes , comme la violence conjugale, l’imagination d’une petite fille ou encore la violence sur les enfants.
Le rôle principal est celui de Lisa d’ou le titre "Lisa". Nous regardons ce film suivant son point de vue c’est à dire qu’elle nous montre ses cachettes les plus secrètes comme le tiroir, la valise , le sac ou encore ses poches. On peut dire que ses cachettes renvoient à des endroits ou elle y place ses propres rêves comme des photos, une longue vue , une casquette de capitaine. Elle préserve ses objets de la violence du monde extérieur en les plaçant dans ses cachettes. Nous découvrons le monde secret de Lisa , les endroits qui lui permettent d’échapper à toute réalité .

Nous vivons vraiment le film comme si nous étions dans le rôle de Lisa, ce qui nous donne un autre point de vue, une vision plus pertinente et un aspect purement fantastique. Cet aspect fantastique pourrait être le fruit de l’imagination de Lisa, cette imagination qui est animée grâce aux photos qu’elle collectionne.

L’utilisation du noir et du banc donne une dimension symbolique à la lumière et à l’image. On peut voir qu’il y a une opposition flagrante entre Lisa et son père. Lisa correspond à la clarté (au blanc) et joue un jeu d’acteur avec des mouvements cinématographiques ceux de son corps et de son imaginaire. Tandis que son père lui, correspond à l’obscurité (au noir) et n’a pas de jeu d’acteur à part être immobile. La mère elle contrainte à des gestes répétitifs et mécaniques. Les enfants sont mutiques car terrorisés. Ici, est présent une forme de morbidité qui renvoie à un univers de terreur. L’immobilité des parents les font parfois ressembler à des morts.

L’image que tient en ses mains Lisa d’un ogre qui mange ses enfants nous renvoie " au petit poucet " , une figure classique du conte de Perrault. Le but de l’auteur a été de transporter l’univers du conte dans un monde plus rationnel et plus réaliste , mais une dimension fantastique reste tout de même présente. Pour elle, l’image de l’ogre dévorant ses enfants renvoie au symbole de la violence masculine mais aussi de la violence réelle à travers une image de conte. Pour moi, ce film possède un grand nombre de références : Les contes, grâce à la figure de l’ogre ainsi que la tâche de barbe bleue. Le héros qu’invente Lisa qui se nomme Capitaine Grant renvoie à Jules Verne. La plus importante référence de ce film n’est autre qu’ "Alice au pays des merveilles" de Lewis Caroll, car Lisa a une envie de s’évader de son environnement , de la réalité mais aussi grâce à la présence de Lapins et de terriers. On remarque aussi que Lisa est presque une anagramme d’Alice.

Ce film est très visuel , on peut donc voir que les images parlent d’elles mêmes. Ce court métrage a un rôle musical important, avec des raccords entre son et image ; on le voit quand les sillons du disque renvoie à l’alignement des cheveux de Lisa, le frottement de la brosse lui est prolongé par le craquement du vinyle. Ou encore quand on voit Lisa monter les marches et chaque bruit de craquement est amplifié.

Ce film est très pertinent, il mêle deux styles car il nous plonge à la fois dans la réalité et à la fois dans l’imaginaire . Comme le cite le réalisateur : " C’est l’histoire d’une petite fille qui essaie de repeindre le réel avec les images de son imaginaire".