Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Yeux sans visage

de Georges Franju - France - 1960

Critique publiée par Caro04 - le 30/01/2015
Terminale ES 1, La Morandière ,
Granville

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Les yeux sans visage

Dans le cadre de lycéens et apprentis au cinéma, nous avons été voir Les yeux sans visage. C’est un film en noir et blanc de George Franju, datant de 1960. Le rôle du docteur Génessier est très bien tenu par Pierre Brasseur, Louise est interprétée par Alida Valli. Dans le rôle de Christiane Génessier : Edith Scob se révèle excellente et enfin dans le rôle Edna Gruberg : Juliette Mayniel. Suite à l’accident que le docteur Génessier a provoqué, sa fille se retrouve défigurée et doit rester dans sa chambre. Pour essayer de redonner un visage à sa fille, le docteur accomplit des actes abominables.

Ce film culte est un film fantastique interprété d’un roman noir éponyme de Jean Redon. L’histoire fantastique reste néanmoins très ancrée dans le répertoire réaliste comme nous pouvons le voir lors de la scène où le docteur et son assistante découpent le visage d’une de ses victimes. A sa sortie, le film a pu choquer par la violence de certaines scènes et le visage masqué de Christiane.

Nous pouvons remarquer que le docteur Génessier et son assistante Louise jouent un double jeu. Le visage des deux personnages est un masque social qui ne reflète pas la vérité. Par exemple le professeur a un regard de dément lors de sa conférence et son assistante est une prédatrice dont les yeux jouissent de la capture de la future proie.
Le masque de Christiane semble étrange car il épouse parfaitement les traits de son visage qui le rend presque vivant et animé. Cependant elle communique essentiellement par le regard plus que par la voix.
Christiane et son père se distinguent premièrement par leurs habits : le père est vêtu de noir comme un criminel tandis que la fille porte une robe de chambre blanche qui symbolise l’innocence. Chaque personnage a un objet particulier qui pourrait les définir. Par exemple le docteur est associé à son scalpel, l’assistante par son collier qui cache sa cicatrice et Christiane par son masque blanc qui cache son visage. Le comportement violent du docteur montre qu’il cache un double cruel. Alors que sa fille reste cachée derrière son masque, qui peut lui servir de protection face aux actes de son père et parce qu’elle ignore certaines choses ...

Le film commence dans la nuit sur une route sinueuse, dans une voiture où une femme qui parait étrange transportece qui se révèle être un cadavre déguisé en passager sur la banquette arrière.
Elle le jettera ensuite dans la Seine.
Les principales scènes qui nous ont marqué sont lorsque la femme jette le cadavre puis quand le docteur « reconnait » sa fille à la morgue. Il y a ensuite la scène choquante du découpage du visage et enfin la libération de Christiane entourée d’animaux enfin délivrés de la vivisection.
Le film se termine en scène ouverte avec la mort du docteur et de son assistante et Christiane s’envolant dans la nuit comme un oiseau accompagnée des colombes.

Nous avons remarqué que jusqu’au moment où l’on apprend que c’est le père qui commet les meurtres, on ne voit pas la tête de Christiane qui se cache dans son oreiller. Le réalisateur a donné une réelle importance aux animaux qui sont omniprésents dans ce film.

Nous pensons que le réalisateur a voulu faire passer un message : certaines personnes sont prêtes à faire des actes abominables pour protéger les personnes qu’ils apprécient et qu’ils aiment.
Nous pensons également que ce film vaut la peine d’être vu car ce n’est pas le genre de film que nous sommes habitués à voir généralement. Ce film peut nous permettre d’enrichir notre culture cinématographique.