Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Vandal

Hélier Cisterne - France - 2013

Critique publiée par Coline - le 21/02/2014
Seconde 6, La Morandière ,
Granville

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« VANDAL » Un film rebelle au couleur des graffitis !

Ce film fut le premier long-métrage d’Hélier Cisterne réalisé en 2013, qui met en scène Zinédine Benchemine dans le rôle de « Chérif », Ramzy Badi dans le rôle de « Farid, le père », Marina Fois dans le rôle de « Hélène, la mère », Emile Berling dans le rôle de « Thomas, le cousin », Chloé Lecerf dans le rôle « d’Élodie, l’amie » et beaucoup d’autres encore.
Chérif est un adolescent rebelle, un peu perdu de 15 ans. Sa mère ne supporte plus les bêtises et décide donc de l’envoyer à Strasbourg chez sa tante où il pourra reprendre ses études de CAP maçonnerie. Mais les soirs il se retrouve à sortir avec la bande de son cousin pour faire des graffitis dans la rue.

Ce film nous montre les relations entre les différents membres d’une famille. On peut y constater deux cas de famille. Premièrement la famille de Chérif est une famille décomposée dans laquelle chacun se reconstruit de leur côté. Puis en deuxième cas la famille du cousin de Chérif est une famille sous tension , désunie mais qui vit toujours ensemble, sous le même toit. Il nous montre aussi que Chérif manque de repère, qu’il est incompris . Toutes ses émotions montrent que Chérif cherche à attirer l’attention de ses parents suite à un mal être dû à leur séparation ce qui le pousse à la petite délinquance.

On peut aussi remarquer que ce film dévoile plusieurs facettes des personnages plus ou moins réussies ce qui est dû au jeu des acteurs mais aussi grâce à l’aide des accessoires. En regardant ce film nous pourrions nous poser cette question : « qui pourrait croire qu’un jeune garçon poli, aimable, agréable, ayant reçut une bonne éducation puisse être un délinquant ? ». Eh bien Hélier Cisterne nous le prouve. Car à l’aide d’un accessoire banal et du jeu de l’acteur bien réaliste, on arrive à croire que Thomas, le cousin de Chérif est un garçon inoffensif, lorsqu’il porte ses lunette de vue. Or le soir pendant que ses parents dorment séparément, il retire son déguisement pour ensuite sortir, faire le mur pour aller rejoindre sa bande et faire des graffitis dans la rue. Personnellement, je trouve que ce double jeu est très bien réussi.

La façon dont Hélier Cisterne aborde le sujet de l’adolescence est plutôt intéressante malgré un élément de déjà vu comme l’idée de l’adolescent rebelle est dû au manque de communication et de repères familiaux. Cependant l’idée de s’affirmer et de se construire par l’art du graffiti est nouvelle, osée, réussie. Dans ce drame, le réalisateur se sert de l’art de rue comme d’un instrument pour faire passer un message. Cet art est justement l’élément central qui apporte notamment du sens au titre car c’est le nom du graffeur, mais c’est aussi le diminutif de vandalisme, ce qui ici, fait un clin d’œil à la petite délinquance que notre héros pratique. Les graffitis sont d’autant mis en relief grâce à un jeu des ombres et de la lumière. Dans une scène, on voit le cousin de Chérif et ses amis taguer un mur. Cette scène se passe dans la nuit et ils ont installé devant le mur une lumière qui permet d’éclairer le tag ce qui accentue l’effet d’importance. Dans une autre scène on retrouve le même jeu : quand Chérif descend dans le repère de Vandal et qu’il découvre ses tags, Chérif a à ce moment une lampe dans la main et éclaire les tags. Je trouve ses effets bien ancrés dans le film.

Pour finir, ce drame, Vandal est un premier long-métrage plutôt réussi et plus intéressant que de simple reportages sur l’adolescence et les rapports familiaux, avec un bon scénario et divers thèmes mais aussi de bon acteurs. Malheureusement, le manque de rythme à la fin rend la compréhension final un peu compliqué et laisse plusieurs questions en suspens tel que, : « Que va devenir Chérif ? Que devient Vandal et qui est-il ? ….. ».

BIENABE Mathilde et FAVRAY Coline.