Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Shining

Stanley Kubrick - Etats-Unis - 1980

Critique publiée par ALicia - le 16/05/2014
Seconde 6, La Morandière ,
Granville

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Shining, une terreur !

Ce film des années 80 raconte l’histoire d’un écrivain qui accepte de garder un hôtel durant l’hiver croyant qu’il va pouvoir écrire paisiblement son roman. Il emmène sa femme et son fils avec lui. Mais c’est en fait l’histoire, passée des années plus tôt qui va se reproduire. Un ancien gardien aurait découpé ses enfants dans l’une des chambres à cause de la solitude qui l’aurait rendu fou...

Le cinéaste Stanley Kubrick s’inspire du livre"Shining, l’enfant lumière" de Stephen King qui a écrit auparavant "2001 : odyssée de l’espace",dôme, "la ligne verte", "Dead zone", "Carrie" autant de succès littéraires qui seront adaptés par Kubrick au cinéma.
Celui-ci a choisi Jack Nicholson dans le rôle du père,un grand acteur, une grande star qui nous fait ressentir la peur, la terreur par ses gestes, les expressions de son visage, Shelley Duvall dans celui de la mère ainsi que Danny Lloyd, le fils, symbole de l’innocence.
Sorti en 1980, durant 2 heures 26, ce long- métrage appartenant aux genres du fantastique, de l’épouvante et de l’horreur est un très bon film qui du début à la fin nous laisse dans un sentiment angoissant, effrayant,terrifiant et en même tant avec l’envie que la femme et le fils arrivent à s’échapper de l’hôtel. Tout au long de l’histoire les personnages évoluent : Jack (le père), ce gentil père de famille adorant son fils et voulant le meilleur pour sa famille, va vite devenir leur cauchemar, devenu anormal, incontrôlable,il va tenter de les tuer. Danny (le fils) est un jeune garçon sage doté d’un pouvoir « le shining », il voit les événements qui se sont passés et sait qu’ils vont se reproduire. Wendy( la mère), de nature calme, qui aime la vie, ne contredisant jamais son mari va devenir une femme prête à tout pour sauver sa vie ainsi que celle de son fils.

Dans Shining, le drame se construit progressivement ce qui fait que le spectateur pris dès le départ ne s’en rend pas compte ou trop tard alors que le processus infernal a déjà commencé. D’abord,on voit un plan général et large de l’ouest Américain avec une vue arrière oblique pour finir dans un endroit clos, l’hôtel. Il y a contraste entre le soleil qu’il y avait sur la route et les plans extérieurs sombres de l’hôtel. On peut avoir l’impression que la caméra qui suit la voiture peut être en faite la vue d’un rapace ou bien de Dieu ; chacun l’interprète comme il le veut, c’est un film à clefs.
Ce plan est accompagné par une musique inquiétante, angoissante. C’est un passage de la symphonie fantastique de Berlioz le Dies Irae .
Ensuite nous avons le premier « chapitre » avec la page :« l’entrevue » entre le directeur de l’hôtel et Jack. En même temps nous voyons la mère et le fils chez eux. Danny qui parle bizarrement, avec son doigt, et le père de l’autre côté apprend se qui s’est passé auparavant dans l’hôtel, il n’est pas inquiet bien au contraire. Ce sont nos deux premiers événements dramatiques. Et on va finir, avec un mort et une course poursuite dans un labyrinthe entre le père omniprésent avec ses cris ainsi qu’avec une hache à la main et le fils, d’ailleurs la caméra mobile suit les personnages nous faisant entrer dans le mouvement de la course, filmé en steadicam ; ce processus met en place un dispositif qui empêche le spectateur d’évaluer objectivement la poursuite. C’est alors que Danny devient peu à peu le maître du labyrinthe car il maîtrise le champ visuel. Ce sont les derniers événements dramatiques du film.

Nous pouvons voir aussi l’omniprésence indienne dans le décor avec les tapis, les tentures, certains vêtements de Wendy ou encore les figures géométrique indiennes, nous apprendrons avec les dialogues que l’hôtel a été construit sur un cimetière Indien, et qu’ils ont attaqué le constructeur entre 1907 et 1909. La référence au conte est constante, ainsi celui des trois petits cochons quand Jack frappe la porte de la salle de bain où Wendy est enfermée, il dit :« petit cochon,petit cochon, ouvre moi donc », s’identifiant même au grand méchant loup, mais aussi au mythe du minotaure avec la poursuite dans le labyrinthe. Les derniers plans sont le père complètement perdu puis congelé entre ces haies. On voit aussi une photo, de Jack à un bal de 1921, la caméra se rapproche de plus en plus faisant un gros plan sur son visage.

Je vous conseille de frémir en allant regarder entre amis ou en famille ce film merveilleusement bien réalisé.