Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Babel

Julie Bertuccelli - France - 2013

Critique publiée par Sarah - le 11/05/2014
Seconde 6, La Morandière ,
Granville

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L’envers du DECORS

« La Cour de Babel » troisième long-métrage de la réalisatrice Julie BERTUCCELLI, ne fait pas l’unanimité de son public. Son nouveau documentaire sorti 12 mars 2014 met en scène une classe d’accueil de collégiens de toutes nationalités confondues. Les sujets principaux de son film sont : la cohabitation de plusieurs élèves de nationalités différentes et l’apprentissage du français. Tout le film se déroule dans la classe d’accueil du collège de la Grange-aux-Belles, dans le 10ème arrondissement de Paris.

Ils viennent d’arriver en France. Ils sont Irlandais, Serbes, Brésiliens, Tunisiens, Chinois ou Sénégalais... Pendant un an, Julie BERTUCCELLI a filmé les échanges, les conflits et les joies de ce groupe de collégiens âgés de 11 à 15 ans, réunis dans une même classe d’accueil pour apprendre le français. Dans ce petit théâtre du monde s’expriment l’innocence, l’énergie et les contradictions de ces adolescents qui, animés par le même désir de changer de vie, remettent en cause beaucoup d’idées reçues sur la jeunesse et l’intégration et nous font espérer en l’avenir...

La cour de Babel pourrait-il être un chef- d’œuvre cinématographique ?

L’excès de gros plans focalisés sur les visages des élèves qui nous montrent trop souvent leurs expressions, est un des points négatifs de ce documentaire, car il nous empêche de prendre du recul et de nous situer dans l’espace et l’environnement des collégiens de part l’absence d’originalité de filmer sous différents plans.
De plus, la longueur de certaines séquences du film peut devenir gênante, inintéressante voire ennuyeuse, pour l’élève comme pour le spectateur.

Ensuite, un des choix de la réalisatrice qui est de vouloir filmer les entretiens parents-professeurs, peut être considéré limite comme une atteinte à la vie privée de la famille puisque l’enseignante pose des questions quelque peu intimes aux parents concernant leur situation sociale. En outre, le sujet de la religion est abordé fréquemment tout au long du film. Il est notamment déclencheur de débat religieux entre les élèves. Mais au final, ces débats ne mèneront à rien. Dans ce documentaire, Julie Bertuccelli aurait dû mettre plus en avant, à travers les rencontres, les différentes cultures traditionnelles étrangères plutôt que d’aborder ou de filmer les thèmes sujets à des conflits soit politiques ou religieux.

Enfin, durant cette année scolaire, ne sont filmés que les côtés positifs de cette classe d’accueil, mais la réalité en dira long sur leur avenir... La réalisatrice a un regard bienveillant sur cette classe d’accueil ce qui pousse le spectateur à croire qu’il n’y aucun obstacle à leur intégration et que tout est une réussite, or beaucoup d’entre eux connaissent par la suite de sévères difficultés comme le décrochage qui entraînerait l’échec scolaire. Dans ce cas leur projet d’avenir très ambitieux tomberait à l’eau car dans une classe générale où le niveau est plus élevé, ils ne seront plus accompagnés ni aidés dans leur parcours scolaire comme auparavant.

Pour conclure, la cinéaste ne veut que nous montrer, à travers ce documentaire, les aspects favorables à l’intégration des jeunes étrangers dans la société française. Nous vous déconseillons d’aller voir ce film qui promettait tant et qui au final n’en est que plus décevant.

Sarah DESCHAMPS & Anaelle MAROUCHTCHAK 2nd 6