Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Vandal

Hélier Cisterne - France - 2013

Critique publiée par océabe - le 21/02/2014
Seconde 6, La Morandière ,
Granville

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Critique Vandal

"Vandal" est un film français. Ce drame a été réalisé par Hélier Cisterne, et est sorti en salle le 9 octobre 2013. Le casting de nouveaux et jeunes visages avec Zinédine Benchemine (Chérif), Chloé Lecerf (Elodie) et Emile Berling (Thomas) jouant les trois rôles principaux.

C’est l’histoire d’un jeune garçon de 15ans, nommé Chérif, qui en raison de son insolence envers sa mère et de son comportement inacceptable à l’école comme dans la vie quotidienne, est envoyé chez son oncle à Strasbourg, grâce auquel il a été pris dans un établissement scolaire en CAP maçonnerie. Thomas, son plus proche cousin, va prendre Chérif sous son aile, pour lui faire découvrir l’art de l’ombre, l’art de la rue, l’art du graffiti. Chérif va se sentir peu à peu attiré par cette sorte de délinquance très engagée et se passionner pour ces dessins extraordinaires.

"Vandal" est un film entraînant dans lequel on voit grandir, à travers l’attitude du jeune Chérif, une découverte au début, puis une passion pour l’art du graffiti. C’est un film qui se regarde facilement pour les adolescents tel que nous puisque le langage est très simple et courant. Toutefois, le scénario reste banal, malheureusement on anticipe les scènes avant qu’elles se passent. Donc une bonne facilité de compréhension mais une histoire peu originale.
Certes l’histoire est basique, quoique quelques éléments peuvent être d’une analyse intéressante. Si on se focalise sur le plan de début et paradoxalement sur le plan de fin, on peut remarquer une évolution implicite du personnage de Chérif.
Le film débute lorsque Chérif effectue des cercles poussiéreux au volant d’une voiture volée, on peut peut être l’interpréter de façon que l’adolescent est perdu, désorienté, il tourne en rond et ne sait quoi faire dans sa situation critique.
Il se réfugie alors dans la petite délinquance pour s’amuser et pour que l’on s’intéresse à lui.
A la fin du film, Chérif est sur le toit du bâtiment où la nuit précédente, il a tagué sur un mur un graffiti en hommage du talentueux graffeur Vandal. Il scrute l’horizon du petit matin d’un regard assuré. On observe un changement psychologique chez le jeune garçon, il parait déterminé et responsable. Il semble avoir enfin trouver sa voie et sa manière de s’exprimer pour s’apaiser. Il a trouvé une cause à défendre, celle de préserver un art exceptionnel tapi dans l’ombre de la nuit.

Pourquoi une fin si brutale ? Juste au moment où on a l’impression que la vraie histoire commence et que tout le film n’était qu’un simple prologue. Pourquoi une fin si violente ? Comme tout au long du film d’ailleurs, la violence, qu’elle soit physique ou verbale, est omniprésente ou directement montrée à l’écran tout au long du film :Chérif se fait taper par ses camarades au lycée ou par son groupe d’amis graffeurs en raison de sa trahison et Vandal se fait électrocuter. Bien évidement entre la délinquance et la violence, il y a l’amour qui permet d’adoucir les durs évènements. Grâce à Elodie, Chérif a pu montrer un autre visage, celui de la considération en ouvrant son coeur à cette jeune fille.
Le fait qu’il y ait cette bonne relation avec Elodie rassure le spectateur puisque les liens familiaux ne sont pas entretenus entre Chérif et son entourage. Une scène particulièrement intime mais à la fois forte c’est quand Chérif dessine sur le corps d’ Elodie, il oeuvre selon son imagination et son inspiration avec beaucoup de créativité.

C’est un bon film, bien réalisé où se mêlent plusieurs thèmes comme la délinquance, l’amour, la relation du jeune homme avec sa famille qui est plus ou moins mitigée ainsi que le thème principal du film, l’art de rue (les graffs). Un film plutôt émouvant qui plonge le spectateur dans les sentiments et les ressentis de Chérif qui se trouve perdu entre son orientation, sa relation avec sa famille et ses sentiments amoureux pour Elodie.
Malgré tout, la fin n’est pas spécialement réussie, elle est trop brusque. Le spectateur a envie de connaitre le suite de l’histoire et l’avenir des personnages. En terminant ainsi , le réalisateur laisse le choix aux spectateurs d’imaginer la suite ce qui pour moi n’est pas un très bon point.

Les plans sont très bien choisis et parfaitement cadrés comme par exemple les nombreux gros plans sur Chérif où on peut voir selon les moments du film, les sentiments qu’il dégage.
J’ai par exemple beaucoup aimé le plan ou l’on voit Chérif et Elodie allongés par terre dans la chambre d’ Elodie qui nous montre le rapprochement de deux personnages.

Les musiques sont également très bien choisies, elles vont particulièrement bien avec le style du film, c’est généralement du rap qui reflète l’un des thèmes principaux du film la délinquance et la recherche de lui-même par un adolescent de banlieue.

Pour conclure, mon avis sur Vandal est mitigé. C’est un film trop simpliste que je ne recommanderais pas à voir en premier. Cela dit, cela reste un film qui suit un mouvement de société donc il y a toujours quelque chose qui peut intéresser selon chaque individu.