Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Sentiers de la gloire

Stanley Kubrick - Etats-Unis - 1957

Critique publiée par victoirevandaele - le 19/12/2017
Premiere S2, La Morandière ,
Granville

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Une attaque sucidaire

Le film Les sentiers de la gloire est sorti en 1957 aux Etats Unis et plus tardivement en France (1975). C’est un film de guerre américain en noir et blanc réalisé par Stanley Kubrick. En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, le général Broulard ordonne au général Mireau de lancer une offensive suicidaire contre une position allemande imprenable, nommée "La fourmilière". Au moment de l’attaque, les soldats tombent par dizaines et leurs compagnons, épuisés, refusent d’avancer... A cause de l’échec de cette mission le général Mireau va tirer au sort trois soldats qui vont-être mis à mort pour l’exemple.

Dans son oeuvre, Kubrick cherche à dénoncer le système militaire de la guerre, ceux qui donnent des ordres aux soldats mais qui ne participent pas aux combats. Ici Kubrick nous donne deux visions des “supérieurs”. Le général Mireau va donner l’ordre d’aller attaquer la fourmilière alors qu’il sait pertinemment que c’est une mission suicide. Cet homme est typiquement le portrait de ce que veut dénoncer Kubrick : il est d’une extrême violence, il se sent superieur aux soldats uniquement parce qu’il est général. On peut le voir dès les premières scènes, notamment lorsque le général passe dans les tranchées avec un commandant, il frappe un soldat qui avait peur alors qu’il n’avait rien fait de mal. Kubrick oppose ce général avec le commandant Dax joué par Kirk Douglas. Ce commandant participe au combat et défend ses hommes. On peut le voir dans la scène où les soldats français tentent d’attaquer la Fourmilière. La manière dont il est filmé nous décrit extrêmement bien son état d’esprit : le colonel est filmé en travelling latéral et des gros plans sont fait sur lui, ce qui montre qu’il fait partie intégrante de ses troupes. Ces deux personnages, même s’ils sont du “même” côté de la hiérarchie, ne nous donnent pas du tout la même image du système militaire, selon Kubrick.

Dans son film, le réalisateur veut aussi nous montrer le côté déshumanisé des soldats, ils vivent dans des conditions de vie extrêmement précaires. Kubrick filme les tranchées : on peut y voir alors que les soldats ont très peu d’espaces pour vivre, même si elles sont assez hautes et larges. Lorsque les tranchées apparaissent dans le film, le réalisateur utilise une bande son très intéressante, on peut entendre des explosions, et beaucoup de bruit, en plus d’images souvent sombres avec de la fumée. L’impression est oppressante et effrayante. Par ailleurs, dans son film, Kubrick donne un côté déshumanisé à la guerre, les soldats meurent par dizaines, comme si cela était quelque chose de normal. Mais lors de la dernière scène, où l’on voit la jeune allemande chanter devant les soldats français, les soldats retrouvent de leur humanité, après avoir sifflé la jeune femme, ils se mettent tous à chanter en cœur avec elle en pleurant. Grâce à sa manière de filmer cette scène, Kubrick la rend émouvante : il réalise tout d’abord de grands plans puis il fait des portraits sur les soldats. Il réussit à nous toucher en montrant que la musique est universelle.

J’ai trouvé ce film assez déroutant, il montre un aspect de la guerre que je ne connaissait pas. La manière de Kubrick de filmer ses scènes rend l’oeuvre très réelle. Selon moi, le noir et blanc ne choque pas, il permet de mieux se concentrer sur les éléments importants du film. C’est un film qui mérite d’être vu pour les adeptes des films de guerre.