Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Sentiers de la gloire

Stanley Kubrick - Etats-Unis - 1957

Critique publiée par François Levallois - le 19/12/2017
Premiere S2, La Morandière ,
Granville

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Les sentiers de la gloire, un brûlot anti-militariste

Ce long métrage de 1957 nous plonge dans l’enfer des tranchées de 1916. Le 701ème régiment reçoit un ordre impossible de son supérieur le général Mireau, il s’agit de capturer la Fourmilière, une position allemande réputée imprenable. Pour ce faire les soldats emmenés par le colonel Dax vont devoir lancer une attaque suicide dans le no mans land. Malgré leur bravoure l’attaque va échouer et les survivants vont se replier. En conséquence le cruel général Mireau va ordonner la mise à mort de 3 soldats de la 701ème pour lâcheté. Grâce aux talents de cinéaste de Kubrick, on s’attache aux 3 soldats condamnés pour l’exemple, ces innocents dont on espère qu’ils seront graciés in extremis.

En plus de nous dépeindre avec précision la guerre dans les tranchées, Kubrick dénonce les hauts gradés et leurs pratiques comme celle de fusiller des soldats pour l’exemple, ce qui a valu aux Sentiers de la gloire d’être censuré pendant très longtemps en France.
En effet ce film montre le contraste entre les généraux et certains gradés qui dorment dans des châteaux, boivent du champagne et mangent copieusement, organisent des bals… (bref mènent la belle vie !) et les simples soldats qui dorment dans la boue, souffrent de la faim, du froid, des blessures et de la peur de mourir chaque jour, soit en attaquant, soit en se prenant un obus alors qu’il sont à « l’abri » dans les tranchées.
Ce film permet aussi à Kubrick de critiquer les généraux qui se préoccupent plus de la gloire, de leur carrière et du pouvoir que des vies de leurs hommes, comme le prouve l’exemple du général Mireau n’hésitant pas à ordonner à l’artillerie de tirer sur ses propres tranchées pour que les hommes aillent se battre !
Enfin Kubrick fait une critique du procès expéditif qui va condamner les trois soldats, ils sont jugés à la va vite comme si leur vie n’avait aucune importance. Il fait une satire de la justice militaire, une parodie de justice. Dax va les défendre de tout son talent (il est avocat dans le civil) mais la tâche s’avérera compliquée.

Pour conclure, grâce à ce film poignant, Kubrick nous donne à réfléchir sur la nature humaine, la cruauté et l’absurdité de la guerre en plus de présenter la dure réalité de la guerre. Je conseille donc vivement ce film.