Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Lisa

de Lorenzo Recio - France - 2007

Critique publiée par margot. - le 07/02/2015
Première L, La Morandière ,
Granville

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Lisa : un court-métrage émouvant et touchant

Lisa, un court-métrage émouvant et touchant ...

Lisa est un court-métrage français, de dix – neuf minutes en noir et blanc, réalisé par Lorenzo Recio en 2008. Ce film représente la vie d’une petite fille : Lisa (Nina Rodriguez ), inspirée du personnage de « Alice aux pays des Merveilles ». Cette enfant doit vivre dans la violence de son père (Benjamin Feitelson ), les chamailleries de ces deux frères, et par-dessus tout, le silence de sa mère (Mikaëla Fisher ) qui se fait maltraiter. Une seul échappatoire en vue de cette horreur, le repliement sur elle-même ; elle joue dehors, inspecte, observe, recherche, joue aux apprentis marins. Durant tout le film, on découvre les nombreuses cachettes qu’elle a choisies pour « faire disparaître » ses objets. Ses objets qui, à la fin du court–métrage se retrouvent dans la tête de son père. Lisa vit dans une petite maison de campagne isolée du reste du monde.

Lorenzo Recio, le réalisateur, a choisi de nous projeter son film en noir et blanc, notamment pour montrer le contraste entre Lisa, qui est toujours plus ou moins dans la luminosité et la blancheur, symbole de pureté (c’est d’ailleurs le personnage qu’elle joue, une petite fille aux airs parfaits), et son père souvent représenté dans la pénombre, l’isolement, l’obscurité, dans des lieux fermés, sauf à la fin du film où il porte des vêtements blancs.

D’autre part, cette production est presque muette. Les personnages ne parlent pas, comme s’ils craignaient la colère du père. Mais en revanche, il y a un gros travail sur la bande - son derrière. D’autre part, la musique nous renseigne sur l’émotion des personnages. Ces sons jouent un rôle important car ils permettent de garder une atmosphère oppressante tout le long du film.

Je vais maintenant m’intéresser aux nombreuses références qu’a fait le réalisateur. D’abord, il y – a le conte : avec notamment celui de l’ogre qui dévore ses propres enfants qui fait penser à la violence du père envers sa famille. Mais aussi les photographies de Lewis Caroll (le créateur du personnage de « Alice aux pays des Merveilles »). Nous pouvons retrouver également la référence du film « La nuit du Chasseur » dans cette réalisation. Tous ces rapprochements font appel à notre imagination tout le long du film, ce qui permet de se faire notre propre interprétation, surtout lorsque Lorenzo Recio fait des ellipses avant les scènes de violence.

Je vais conclure sur une note positive car j’ai vraiment apprécié ce court-métrage, il permet de laisser place à notre imagination et notre analyse, tout en gardant une part de mystère et de suspense. Les scènes de violence sont compréhensives sans être montrées directement comme dans beaucoup de films aujourd’hui. Toutes ces références font appel à notre imagination tout le long du film, ce qui permet de se faire notre propre interprétation, surtout lorsque Lorenzo Recio fait ces ellipses éludant la violence.