Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Yeux sans visage

de Georges Franju - France - 1960

Critique publiée par carla.c - le 07/02/2015
Première L, La Morandière ,
Granville

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Les Yeux Sans Visage

Les Yeux Sans Visage

« Les Yeux Sans Visage » est un film à présent culte de Georges Franju réalisé en 1960.
Il met en scène l’histoire de Christiane, une jeune femme dont le visage a été détruit par un accident de voiture causé par son père… Un père chirurgien, éminent et malheureusement pour le personnage principal, très autoritaire et ayant une seule idée en tête, reconstruire le visage de sa fille.
« Les Yeux Sans Visage » est un film adapté d’un roman éponyme de Jean Redon de 1959 et pour la première fois l’histoire est suivie du point de vue de la victime et non du criminel ou du policier, ce qui permet au spectateur de s’immerger plus dans l’ambiance sombre et froide de ce 2e long-métrage du cinéaste.
L’image en noir et blanc très contrastée, en plus de décors fermés et de scènes tournées souvent la nuit participent aussi à ce sentiment d’angoisse qui caractérise le film.

Cette anxiété est aussi communiquée par le jeu des acteurs, rigides et peu expressifs (les sentiments passent par les yeux), cela se remarque en particulier avec le personnage de Christiane (Edith Scob) qui porte sans interruption son masque, blanc et épousant parfaitement les traits de son visage, ainsi on ne voit que ses yeux et ainsi les sentiments qu’elle fait passer par son regard. Sans masque cette fois, c’est la même chose pour le Docteur Génessier (Pierre Brasseur) et son assistante Louise (Alida Valli) qui eux, à l’inverse de Christiane (qui a en permanence un regard perdu et triste), ont un regard pour le premier de dément (sans que personne ne le remarque pourtant) et pour la seconde de prédatrice quand elle part à la chasse de jeunes filles répondant aux critères de son patron.

On peut aussi noter que c’est un des rares films d’horreur français réussis (même si bien sûr il a légèrement vieilli, notamment par rapport aux scènes un peu « gores » qui peuvent prêter aujourd’hui à sourire) explorant un thème apparemment cher au réalisateur à savoir la sauvagerie et la bestialité qui sommeille en l’Homme, s’entourant encore une fois aussi de Pierre Brasseur qui jouait déjà un personnage inquiétant dans « La Tête Contre Les Murs », le premier long-métrage de Franju.

« Les Yeux Sans Visage » est donc un film appréciable mais ayant quand même vieilli, toutefois il reste une référence dans le cinéma puisque Pedro Almodovar lui-même lui a rendu hommage avec son film « La Piel Que Habito ».