Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Le Havre

Aki Kaurismäki - France - 2011

Critique publiée par Baptiste - le 22/05/2016
Troisième BURTON / Jean Follain, Concours Saint-Lô,
Verrier/Curie/Follain

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Le Havre

Le Havre est un film sarcastique, humoristique mais aussi réaliste. Kaurismäki soulève notamment le problème de l’immigration par le prisme d’époques différentes. En quoi et comment Aki Kaurismäki dénonce t-il le problème migratoire ? Un problème d’actualité brûlant.

Tout d’abord, le Havre se constitue de réalités : le problème migratoire principalement, et la pression des lois qui sont contre l’invitation à lutter pour les droits de l’homme, pour la "justice du coeur", notamment avec la solidarité. La pression des lois est caractérisée par le commissaire Monet et tous les gendarmes qui recherchent Idrissa sans répit. Et la solidarité, une grande valeur du film, est représentée par tous les personnages, qu’ils soient adjuvants (Marcel ou Yvette) ou non, le commissaire aidera étonnamment Idrissa. Les commerçants participeront aussi, comme le marchand de primeurs qui donnera de la nourriture à Marcel qui lui doit de l’argent, elle servira à nourrir l’enfant.

D’autres part, le film est rempli d’anachronismes, caractéristiques d’ Aki Kaurismäki, c’est un cinéaste à part et un anti-modernisme, il fait avancer le film avec des médias d’époques différentes, comme le journal qui disparait peu à peu de nos jours. Le téléphone portable n’apparaît qu’une seule fois. Il y a aussi les tenues comme la robe d’Arletty. Les moyens de transports et façades des magasins années 1960 et 1970, alors qu’on voit un calendrier 2007 et au bar le commissaire demande un vin de 2005. Toutes ces scènes anachroniques font penser que le problème migratoire a toujours été présent. Il reste en effet un problème d’actualité brûlant.

Par ailleurs, le film reste quand même assez féérique, on devine que l’histoire se terminera bien : les adjuvants sont déjà plus nombreux que que les opposants comme le commissaire qui changera de camp. Ensuite, dans l’une des premières scènes, tous les migrants apparaissent en parfaite santé alors qu’on s’attend au pire. C’est improbable.

Pour conclure, le Havre est révélateur de l’actualité, Kaurismäki parle notamment du présent par le prisme du passé. C’est un bon film d’actualité qui reste tout de même fictif.