Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Le Havre

Aki Kaurismäki - France - 2011

Critique publiée par Moustacheski - le 23/05/2016
Seconde C / Lycée Curie, Concours Saint-Lô,
Verrier/Curie/Follain

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Le Havre d’Aki Kaurismäki

Lorsqu’on pense au Havre, on pense au port, à la vieille ville, à Laurent Ruquier ... peut-être ne voudrait-on pas penser au dernier point. Mais Le Havre reste une ville réputée dont on entend souvent parler et comme nombre de villes ayant un lourd patrimoine, elle a eu droit à de nombreuses œuvres littéraires et cinématographiques, dont Le Havre, un film dont l’action se déroule ... au Havre. Oui je sais, sans cette indication vous auriez été perdus. Ne me remerciez pas.

Le Havre, donc, comédie-dramatique franco-finlandaise d’Aki Kaurismäki, sortie en 2011 et sélectionnée par le jury du Festival de Cannes. Le casting principal est composé de André Wilms (La vie est un long fleuve tranquille), Jean-Pierre Daroussin (Le cœur des hommes), Kati Outinen ( ?), de Blondin Miguel et de Laïka (Spoutnik 2), qui est je l’affirme un personnage à part entière et très important. Cependant, aucun film ne s’appelle Spoutnik 2.

Le film raconte l’histoire de Marcel Marx, cireur de chaussures de son état et ancien écrivain, marié à sa femme (Bravo) Arletty Marx. Ce cireur de chaussures va un jour croiser la route d’un émigrant d’Afrique noire qui souhaite se rendre à Londres pour retrouver sa mère, mais la police et le commissaire Monet sont à la recherche de l’enfant. Marcel tentera alors d’aider l’enfant à trouver un moyen de rejoindre sa mère malgré sa situation précaire. S’ensuivront de palpitantes course-poursuites et des scènes d’action dignes de Michael Bay. En fait non.

Eh oui ! Si le film se distingue de la masse, c’est notamment par sa narration très (très) diluée et lente. En effet, le réalisateur fait progresser l’histoire pas à pas, nous permettant de rester contemplatifs devant le portrait qu’il nous propose. Car si l’histoire est prévisible au possible, le cadre du film semble se trouver hors du temps. Ainsi, le commissaire Monet roule en Renault 16 et s’habille en imperméable noir, alors que les migrants sont retrouvés dans un container et , si vous me permettez l’expression, « cueillis » par des CRS (je crois) équipés de manière plutôt moderne (pas du genre baïonnette et casque à pointe, vous voyez). Et ce tout le long du film. On a une cohabitation passé-présent qui me pousse à extrapoler une possible morale de ce film : qu’ importe l’époque, rien ne change vraiment. Les migrants sont une réalité permanente et ancienne, l’entraide et la solidarité sont toujours présentes, et ce depuis très longtemps et pendant encore longtemps.

Ce qui m’amène à un autre point : ce film est profondément humaniste. Il prêche à qui veut l’entendre la bonté humaine et l’amour à travers ses personnages. Que ce soit la boulangère, la barmaid ou même Little Bob, cette idole probablement obscure à vos yeux comme aux miens. Tous ces personnages qui s’articulent autour d’une même cause pour la simple récompense du bonheur d’autrui sont autant d’odes à l’humanité de la part du réalisateur.

De plus, je pense justifié le fait que l’on puisse presque qualifier ce film de « film naturaliste ». Car si on regarde bien, le film n’a pas vraiment de personnages principaux, un peu à la manière de Timbuktu. On a plutôt un ensemble de personnages dont les routes se croisent pour former cette histoire humaniste, optimiste et très drôle (il suffit de voir la scène d’introduction ou celle de l’ananas pour s’en convaincre). C’est pour cela que je vous conseille, voire ordonne, d’aller voir ce film.

Merci d’avoir lu.