Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Persépolis

Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud - France - 2007

Critique publiée par MärK - le 02/05/2017
Seconde 505 / Le Verrier, Concours Saint-Lô,
Verrier/Curie/Follain

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Persépolis, un choc visuel :

En 2007, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud nous présentent le fruit de leur collaboration : Persépolis.
Film d’animation autobiographique, Persépolis soulève des questions d’actualité et nous offre un regard nouveau sur l’Islam et ses partisans.
Entre évolutions et révolutions, nous découvrons une partie de la vie de Marjane, de l’enfant insouciante qu’elle était à la jeune femme avertie qu’elle deviendra.
Dans sa famille composée d’intellectuels modernes, tous rêvent de liberté, de renouveau, cependant leurs espoirs s’effondrent bien vite avec la mise en place d’une république Islamiste.
Pour préserver leur enfant, les parents de Marjane n’ont d’autre choix que de l’envoyer en Europe.
Cette œuvre nous oriente vers les réels coupables d’une dictature. L’Iran apparaît alors comme un théâtre ou chacun joue son rôle. Le Shah jouant celui qui dirige, alors qu’il s’avère n’être qu’une simple marionnette, celle des Anglais, puis des Américains.
Nous avons ici à faire à un film d’héroïnes, les femmes sont mises en avant tandis que nous observons un retrait des hommes. Pour ce qui est des hommes occidentaux, on en tire un portrait radical et satyrique.
La religion est également critiquée, chacune des institutions religieuses étant systématiquement renvoyée contre l’autre.
Nous pouvons observer un style particulier à l’image, le maniement des formes, du noir et blanc et de la couleur est un réel succès d’autant plus que chaque chose, chaque changement est représentatif.
Alors que la couleur représente le présent, le noir et blanc renvoie au passé, à l’Iran, et à une uniformisation des gens comme le souhaitait le régime. Le noir renvoie à des passage peu gais, à des retours à la réalité. Le blanc et la luminosité renvoient quant à eux à l’idéalisation et aux moments gais.
Les sentiments de Marjane ont un effet direct sur la perception des éléments, la réalité est donc bien souvent déformée comme avec Marius, petit ami de Marjane, qu’elle idéalisera jusqu’au moment ou ce dernier la décevra.
Marjane Satrapi utilise les fondus à diverses fins, que ce soit pour marquer un moment de bonheur, représenter le temps qui passe ou encore donner au spectateur l’opportunité de se ressaisir.
On peut, dans ce film, observer une réutilisation des palettes chromatiques ainsi que de la stylistique de l’impressionnisme. Il y a également eu une volonté de la part de Marjane Satrapi et Vincent Parronaud d’insérer un certain nombre de références cinématographiques ainsi qu’une référence au cri de Edvard Münch.
Au delà de l’indéniable choc visuel, Persépolis se révèle être un pari réussi sur tous les plans. Le scénario et l’histoire sont travaillés, le style est impeccable, mais par dessus tout, les éléments mis en œuvre font que l’émotion passe.