Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Persépolis

Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud - France - 2007

Critique publiée par Valguela - le 29/04/2017
Seconde 505 / Le Verrier, Concours Saint-Lô,
Verrier/Curie/Follain

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Persépolis

Le film d’animation « Persépolis » de Marjane SATRAPI et Vincent PARONNAUD raconte la vie de Marjane, une iranienne.

Le film est inspiré de la bande dessinée « Persepolis » de Marjane SATRAPI. Pour adapter la bande dessinée au cinéma, Marjane a fait appel à Vincent PARONNAUD, le grand maître de l’humour macabre et de la BD underground, dont elle partage l’atelier depuis 2000. Ce long-métrage sorti en 2007 est très intéressant pour les adultes comme pour les adolescents, il nous plonge dans la vie Iranienne dirigée par la république islamique. Le film nous fait vivre la révolution Iranienne de 1979 derrière le point de vue d’une famille mais surtout de l’héroïne, Marjane. Il nous explique des moments importants de l’histoire et du monde islamique de façon très claire et compréhensible. Cette production est un mélange de moments dramatiques comme de moments comiques, le spectateur s’attache au personnage de Marjane car il suit sa vie avec des péripéties et des rebondissements. La production montre également le grand contraste entre la vie orientale et la vie occidentale.
Le film est notamment artistiquement marqué par un contraste entre une palette de gris et des couleurs ; mais aussi par l’expressionnisme allemand.
En effet, le graphisme de la bande dessinée utilisé dans Persépolis laisse place aux couleurs pour parler du présent et utilise une palette de gris pour traiter du passé. Les contours des dessins sont réalisés au feutre noir avec différentes épaisseurs, cet élément caractérise notamment les bandes dessinées et les films d’animations. Pour autant, les personnages ne sont pas caricaturés et sont au contraire simples tout comme les autres dessins. L’expressionnisme allemand déforme les décors et fait ressentir l’esprit angoissé des personnages. L’effet ressenti atteint directement les spectateurs qui se retrouvent plongés dans l’esprit du personnage. On peut retrouver ce mouvement lors des manifestations dans le film où l’esprit angoissé est également représenté avec des ombres chinoises. Les moments heureux et malheureux dans le film sont facilement distinguables ; les bons moments sont dominés par le blanc et les mauvais sont dominés par du noir. Les dialogues sont parfois osés ce qui donne un ton dynamique et humoristique. Cette production est donc une comédie dramatique qui a reçu plusieurs grands prix comme le prix spécial du jury du Festival de Cannes 2007 (ex-æquo avec le film « Lumière silencieuse » de Carlos Reygadas). Elle est très intéressante pour les adolescents car elle permet de comprendre beaucoup de choses de façon ludique sur l’Iran et l’islam tout en suivant la vie trépidante de Marjane.