Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Combattants (Les)

de Thomas Cailley - France - 2013

Critique publiée par Lila - le 20/12/2016
Seconde 505 / Le Verrier, Concours Saint-Lô,
Verrier/Curie/Follain

Note de la classe (0 vote)


Nombre de visites : 14

Les Combattants une oeuvre palpitante et déconcertante

Récompensé à Cannes, en 2014, le film de Thomas Cailley met en avant deux rôles, celui d’Adèle Haenel et de Kevin Azaïs. En effet, « Les Combattants » évoque une entreprise familiale, « Labrède », entreprise de bois qui par ailleurs est tenue par Arnaud, joué par Kevin Azaïs et son frère après la mort de leur père. Un beau jour d’été, Arnaud croise la route de Madeleine sur la plage dans une situation atypique. Cette rencontre va se poursuivre dans un contexte particulier qui engage la famille de chacun. il est tiraillé à la fois par ses amis et par Madeleine. Le comportement excentrique de ses amis au look d’adolescent et à la mentalité immature provoque chez Arnaud un mal-être. Il est tiraillé à la fois par ses amis et par Madeleine.

Cette œuvre de Thomas Cailley ne s’inscrit pas dans un genre en particulier. Et oui, tout au long du film, différents genres sont observés telle qu’une comédie humoristique comme la situation à la fois décalée et ambiguë des Xavier et Victor, les amis d’Arnaud.

Suite à la disparition des amis, nous ne retrouvons plus l’humour que l’on avait au début mais, tout devient plus irréaliste.
Le choix des rôles et des prénoms n’est pas laissé au hasard par le réalisateur, car celui de Madeleine est choisi pour paraître plus forte qu’un garçon et le choix du prénom fait référence au gâteau posé sur le plateau, la « Madeleine », un gâteau mou. Ce qui nous amène à penser que Madeleine est une fille au fort caractère.
Thomas Cailley cherche à faire apparaître le doute et l’enthousiasme. La caméra est positionnée de façon à montrer l’incertitude d’Arnaud. On suit les actions des personnages avec différentes positions de la caméra. Effectivement, sur une première scène, on les voit de près avec plusieurs détails. Par exemple, le faite que Madeleine et Arnaud regardent de près le micro-onde, cela nous donne une impression étroite et un point de vu petit. La scène qui la suit est tout l’opposé, on a un plan large avec une barge au milieu du cadre. Cependant, les deux scènes sont reliées par un fondu enchaîné qui synchronise les images et nous donnes l’impression de continuité.
La première scène n’est pas révélatrice dans la suite, en effet elle joue un rôle important mais ne nous dévoile pas le reste. La scène de la boussole change la tournure du film, les premières scènes sont plutôt lumineuses et claires, tout paraît normal comme une vie de famille. Le côté plus sombre, retourne la version initiale que l’on s’imaginait du reste du film, on ne s’attend plus à un côté sentimental mais à quelque chose de plus terrifiant, sensation accompagnée par une musique inquiétante. Une ambiance pesante s’installe, les spectateurs s’attendent à un malheur digne de tragédie.
Les paroles des deux acteurs sont fortes, ce qui nous montre un niveau de scénario recherché
et travaillé, chaque dialogue a son importance et nous amène sur des pistes du futur de ce qu’il va se passer.
C’est vrai, Arnaud est plus doux, plus tendre dans sa façon de parler, on pourrait dire qu’il incarne le rôle de la tendresse. De plus il sait s’ennuyer c’est-à-dire qu’il s’amuse avec peu pour faire passer le temps. Quant au personnage de Madeleine, celui-ci ressent vite une lassitude et à donc besoins d’être continuellement en activité.
Elle ne voit pas de sens à la vie ce qui provoquera différents obstacles. L’amitié entre les personnages et les animaux qui évoluera au fil du temps nous renvoie à l’état sauvage et au mode de vie que Madeleine essaie de vivre.
Les combattants est donc une œuvre aux genres multiples et recherchés, elle donne envie aux spectateurs d’aller la voir et suscite de la curiosité, c’est une œuvre qui s’adresse à tous types de personnes.

Lila