Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Le Havre

Aki Kaurismäki - France - 2011

Critique publiée par Clémma - le 26/05/2016
Seconde 502 / Le Verrier, Concours Saint-Lô,
Verrier/Curie/Follain

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Un vieux film du 21ème siècle

A l’origine le réalisateur Aki Kaurismäki n’était pas certain que son film serait situé au Havre, étonnant quand on voit que la ville prend une grande place dans son film et lui donne même son titre ! Un nom fort en sens car il évoque également l’expression « un havre de paix ».
C’est le deuxième film français du réalisateur, le premier étant « La vie de bohème », il est sorti dans trois pays : La France, l’Allemagne et la Finlande.
On observe la vie d’un cireur de chaussures, vieil habitant du Havre, qui va faire la rencontre d’un enfant entré illégalement en France, recherché par la police et cherchant désespérément à rejoindre Londres.
On remarque tout de suite le surprenant jeu d’acteur qui semble neutre, récité, théâtral sonnant même parfois faux ! C’est un choix du réalisateur, assez judicieux puisqu’il permet de casser le réalisme tant convoité par d’autres. Les paroles des personnages régulièrement en vers retranscrivent bien toute la poésie du film (Mention spéciale pour le chien, Laika)
L’histoire semble, au premier abord, se dérouler au milieu des années 60 mais se déroule au beau milieu du 21ème siècle, le siècle de la modernité et les problèmes qui l’accompagnent. Immigration, pauvreté et dénonciation sont notable au Havre.
Le décor suppose bien deux époques, celle des année 60, un monde figé avec le bar « La Moderne » très typique de l’ancien Havre, le quartier de Marcel (d’ailleurs démoli après le tournage), la boulangerie, l’épicerie et l’hôpital. Tandis que le monde moderne paraît menaçant avec la police, les armes et le lieu de détention.
A.Kaurismäki nous montre la vie quotidienne d’un quartier rejeté et ses habitants néanmoins complexes, Marcel Marx qui recueille ce garçon et l’aide, ne demande rien en échange. N’a t-il pas été recueilli de même par sa femme Arletty, elle-même issue de l’immigration ?
L’inspecteur Monet, lui, paraît menaçant, insensible, voire misanthrope et ne révèle pas beaucoup de son passé de policier.
Le Havre a un rythme lent et reposant, qui change agréablement, accompagné de couleurs inhabituelles, tel le jaune et le bleu, qui en font un vieux film du 21ème siècle.