Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Certains l'aiment chaud

Billy Wilder - Etats-Unis - 1959

Critique publiée par Meiko - le 27/04/2017
Première COMV-BMA, LP Paul Cornu,
Lisieux

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Certains l’aiment travesti

Dans le Chicago de la prohibition, deux musiciens, Joe et Jerry, assistent malencontreusement à un règlement de compte entre gangsters. Afin de leur échapper, déguisés en femme, Joséphine et Daphné intègrent un orchestre féminin et filent en Floride. Leur rencontre avec Sugar, la chanteuse de l’orchestre, va changer le cours de leurs fuite.

Le film débute comme un film de gangsters. Ce genre permet au réalisateur de parler subtilement de l’homosexualité. Le duo comique, que l’on va suivre tout du long, se déguise pour fuir le Chicago malfamé des années 30. Ainsi, le fait que les deux personnages principaux se travestissent est justifié par le fait qu’ils sont les témoins d’un règlement de compte et qu’ils doivent fuir pour sauver leurs vies.

Le spectateur surfe régulièrement entre masculinité et féminité. Tony Curtis (qui interprète Joe et Joséphine) et Jack Lemmon (Jerry et Daphné), passent du masculin au féminin. On peut les voir en hommes au début du film ainsi qu’à la fin. Certains détails ou dialogue nous rappellent que ce sont des hommes, on voit les deux acteurs sans leurs perruques, Tony Curtis jongle entre le personnage de Joséphine et celui d’un millionnaire pour séduire Sugar, ou encore Jack Lemmon qui essaye de se convaincre que c’est un homme « Je suis un homme ».
Certaines choses nous font oublier que se sont des hommes, a partir du moment ou les deux personnages sont déguisés, ils ont toujours une robe, du maquillage ou encore un bijou.
Ainsi, à travers ce changement de genre régulier, le réalisateur entretient un certain flou maintenant le spectateur dans le doute, qui se manifeste surtout à travers le personnage de Jerry.
Celui ci, inconsciemment, cherche ce qu’il est. Il se convainc qu’il est une femme, puis un homme, puis réagit comme une femme, par exemple, quand il reçoit un bijou d’un millionnaire, ou la réaction qu’il a quand il se fiance et enfin comme un homme (scène final).
Si Joe est bien définit comme un homme, ça n’est pas le cas de Jerry.

Dans « Certains l’aiment chaud », Bill Wilder aborde de manière comique et sous entendu des sujets (travestissement, condition de la femme) qui dans les années 50 sont encore tabou mais qui interrogeaient. Si le personnage de Marilyn Monroe est un peu stéréotypé, c’est le duo interprété par Tony Curtis et Jack Lemmon qui est porteur du film.

Frais, léger et drôle c’est un film qui reste d’actualité encore aujourd’hui et que l’on a toujours plaisir à voir, à revoir, seul ou en famille.