Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Burn after Reading

de Joel et Ethan Coen - Etats-Unis - 2008

Critique publiée par La chute de pierre - le 27/01/2015
Seconde 8 , Lycée Marcel Gambier,
Lisieux

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Une Comédie agréable et surprenante

Après l’écrasant succès de "No Country For Old Man" ; "Burn After Reading" signe le retour des frères Coen : Et ce qu’on peut affirmer sans hésitation c’est qu’il est réussi avec cette comédie agréable et surprenante bien caractéristique des deux réalisateurs.

Tout commence aux Etats-Unis, dans un bureau de la CIA. Le personnage principal,Osbourne Cox (John Malkovitch),est un analyste de la CIA viré pour cause d’alcoolisme, qui passe doucement du statut de chômeur à celui d’épave. Sa femme (Tilda Swinton), qui le trompe avec un Marshall fédéral dénommé Harry Pfarrer, en profite pour organiser secrètement avec son avocat un divorce.

Pfarrer (George Clooney), vieux beau ringard et paranoïaque, incarne magistralement la lâcheté masculine.L’intrigue se noue avec l’adjonction d’un autre personnage Linda Lintzke (Frances Mc Dormand), une employée d’un fitness club qui tombe sur la disquette des mémoires vengeresses que concocte Ozbourne Cox sur la CIA. Cette quadragénaire célibataire rêve d’une opération de chirurgie esthétique sans pouvoir se la payer. Elle entreprend de monnayer la disquette auprès des services russes, avec la complicité désastreuse de son collègue,Chad Feldheimer (Brad Pitt), un charmant garçon mais hélas dépourvu des neurones suffisants pour dépasser le seuil de la crétinerie.

Dès lors, le film va devenir une suite de quiproquos et de situations hilarantes qui livrent une image particulièrement grinçante de la société américaine avec une alliance de l’incompétence politique (CIA), du culte de l’apparence(le fitness club) et de la stupidité crasse (tout le monde) guidés par une galerie d’acteurs de premier plan qui se prêtent au jeu de massacre avec une bonne volonté d’autant plus louable que les défauts de leurs personnages entachent complètement leur image de sexe-symbole : Bradd Pitt(re) le crétin drogué de sport qui montre encore une fois l’étendue de son talent d’acteur et George Clooney(sque) le lâche paranoïaque, dont la prestation, un peu facile se limite parfois à d’excellentes expressions faciales.
Et c’est peut être là le seul défaut de ce film : des numéros d’acteurs excellents mais au service d’une intrigue mineure dont semblent se désintéresser les auteurs. Ceci dit, on retrouve avec plaisir toutes les dimensions de l’humour, de la satire sociale en passant par l’humour noir le plus fin que les frères Coen maîtrisent tant.
On peut d’ailleurs comparer ce film à une oeuvre majeure des Frères Coen : "The Big Lebowski", dans lequel les héros, Jeffrey et Walter, affichaient la même naïveté et la même gaucherie des anti-héros de "Burn After Reading". Ils partagent aussi avec ces derniers un vocabulaire grossier où "fuck" se conjugue et s’accorde à toutes les sauces. Il y a également une présence forte de la guerre froide avec Linda qui monnaye la disquette aux russes et Walter qui évoque tout le temps son passé de soldat durant la guerre du Vietnam. Mais le point commun essentiel de ces deux métrages réside bien dans des intrigues tournées vers l’absurde, la dérision et le grotesque.
Alors, "Burn After Reading", à brûler après avoir vu ? Non, car même si ce film n’est pas le meilleur des frères Coen, il reste toutefois une très bonne comédie servie par d’excellents acteurs.