Lycéens et apprentis au cinéma en Normandie

L’Atelier critique propose aux élèves de Normandie de publier des travaux critiques dans le cadre de l’opération Lycéens et apprentis au cinéma. Articles, débats audio, critiques vidéo et créations graphiques sont mis en ligne par les enseignants inscrits afin de permettre aux élèves de partager leur expérience de spectateur et de mettre en débat leurs réflexions sur les films.

Soyez sympa, rembobinez

Michel Gondry - Etats-Unis - 2008

Critique publiée par darkshagathe - le 12/01/2014
Première, Lycée Marcel Gambier,
Lisieux

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"Soyez sympas rembobinez" de Michel Gondry...

"Soyez sympas rembobinez" de Michel Gondry sorti en 2008 raconte l’histoire de deux potes : Jerry (interprété par Jack Black) et Mike (interprété par Mos Def) qui décident de faire des films suédés afin de remplacer toutes les VHS effacées par la faute de Jerry suite à une mésaventure. Et il s’avère que les remakes suédés vont connaître un grand succès au sein de leur ville. Ce succès qui est plutôt incroyable va être, selon eux, une occasion de pouvoir sauver l’immeuble de M.Fletcher (le père adoptif de Mike) qui risque d’être démoli par faute de moyen financier pour le réparer.
Cette histoire permet de faire passer plusieurs idées, qui semblent tenir à cœur au réalisateur Michel Gondry. C’est notamment grâce à la naïveté des personnages (que ce soit celle de Mike, de Jerry ou des autres) que le projet un peu fou et décalé des films suédés a vu jour et a perduré . En effet, cet esprit enfantin, avec l’idée que grâce à leur succès ils pourront sauver l’immeuble, développe leur sens de la créativité, et plus particulièrement de la créativité collective. Cela pourrait être, pour chacun des spectateurs de ce film, un éveil à la créativité puisque celle ci est à la portée de tous sachant qu’il suffirait juste d’avoir un peu d’imagination. Le sujet des films suédés traité dans ce film peut nous laisser croire qu’encore une fois Michel Gondry a voulu nous plonger dans son univers du « cinéma bricolage » comme on peut l’appeler couramment et peut-être même a voulu défendre l’idée du « petit cinéma artisanal » comme à ses débuts face au « grand cinéma industriel moderne » qui prend de plus en plus de place . Si on voit les choses de cette façon, ce n’est pas pour rien que l’on dit que quelque part Michel Gondry serait le « descendant »de Georges Méliès.
Au delà de toute cette créativité, ce film est ancré dans une réalité historique avec un univers déshérité dans la ville de Paissac dans le New Jersey, mais également avec l’apparition de la modernité : dans le film on voit que les VHS sont peu à peu remplacées par les DVD, que le vieil immeuble sera détruit pour qu’on puisse y reconstruire à la place un immeuble neuf ou encore que la télévision est remplacée par le video-projecteur. Plusieurs exemples soulignent donc une évolution faisant partie de l’Histoire. La présence de l’icône Fats Waller tout au long du film montre encore une fois un ancrage dans la réalité historique, bien que, à ce sujet, elle fut quelque peu modifiée.
C’est d’ailleurs avec ce personnage que le film débute. En effet ce début de film en noir et blanc et cette voix off peut nous laisser croire qu’on a affaire à un documentaire sur Fats Waller. Or il s’avère que c’est un flash-fore qui permet au spectateur de savoir d’ores et déjà que ce personnage est au cœur de l’histoire du film. La fin n’est pas réellement surprenante mais elle finie sur une touche d’humanité.
C’est donc avec beaucoup d’humour et de créativité que Michel Gondry montre que le cinéma n’est pas fait pour les financiers et les grandes entreprises mais plutôt pour les personnes créatives aimant le cinéma qui a du cœur. Ce film est un hommage au septième art, tout simplement.